Volsung durant le Cycle II

Chapitre III – Le Triomphe ou la Fange

Il y a 16 cycles, un mystérieux Émissaire visita la capitale Zhinroborhod. Proclamant arriver d’un lointain royaume, il délivra une mise en garde aux habitants de l’archipel : un cataclysme inédit menaçait Volsung et seuls ceux capables de livrer à sa Reine les secrets de l’Archessence et de la Quintessence seraient dignes d’en réchapper.

Depuis lors, l’Archipel est sans dessus-dessous. La guerre civile qui grondait depuis les temps anciens éclata furieusement, conduisant deux nations autrefois sœurs à s’entrer-tuer. Entre la lutte de pouvoir et la menace d’un cataclysme inéluctable, les maigres principes, qui faisaient autrefois de ces peuples une Fraternation de renom, se sont à présent consumés avec les flammes de la guerre. Les Archimenestres, fiers dirigeants de ces contrées, sont introuvables ou incapables d’agir. Désormais, ce sont les barons, les roitelets, les matriarches et les résistants qui fédèrent et réunissent des escouades belliqueuses. Chaque clan, chaque maison – du plus noble jusqu’au dernier malfrat – se bat pour sa vie.

Les espoirs sont maigres. C’est au coeur de l’Île de Vzul que beaucoup de choses semblent se décider à présent. Tandis qu’une coalition scientifique bien déterminée à résoudre l’énigme de l’émissaire s’est installé dans un village abandonné, les nobles et les diplomates s’amassent comme des corbeaux autours d’une carcasse pour dénicher l’indéchiffrable. Mais les tribus sauvages ne laisseront pas la terre de leurs ancêtres être souillée ainsi.

Au cœur d’un archipel mouvementé

Ce second cycle des Chroniques de Volsung prend place au coeur de l’Océan d’Aldáurûn, une vaste étendue d’eaux tumultueuses au coeur de laquelle se trouvent les légendaires Îles d’Urhshrul. Sur ces îles vivent deux patries sœurs n’en formant qu’une : les Shmârog et les Snaugrung. Ensemble, ces peuples fédérées ont fondé la Fraternation, une entité politique multiculturelle qui régit les quatre îles du Drizgald. Harassés par une guerre civile sanglante depuis douze longs cycles, les deux peuples sont déchirés en trois factions qui luttent pour le pouvoir.

Voici qu’à l’aube du printemps 2447 de l’Âge Céleste, il y a seize cycles maintenant, alors que les Shmârog et Snaugrung oeuvrent main dans la main pour bâtir une région grandiose au coeur de l’océan tempétueux d’Aldáurûn, survint à Vorzak sur la côte de Brikk un navire battant un pavillon rouge alors inconnu, orné d’une sterne et de trois étoiles. Ce vaisseau étranger apportait l’émissaire d’un royaume depuis bien longtemps tombé dans l’oubli et avec lui de terribles nouvelles. L’émissaire se rendit dans les quatre capitales du Drizgald, dont Zhinroborhod, et devant les Archiménéstres il déclama venir d’un royaume de l’autre côté du monde et que sa reine l’avait envoyé les mettre en garde. Nombreux étaient les portes-parole de cette souveraine mystérieuse, partis pour prévenir le monde d’un grand cataclysme. Son avertissement était accompagné d’une requête pour le moins énigmatique. Il ordonna que soit livré à sa reine le secret de l’archessence et de la quintessence. Selon les dires de l’Emissaire, l’avenir de sa nation et même de Volsung en dépendait. Mais de ces notions alchimiques, nul n’avait connaissance, pas même les plus éminents scientifiques. Seules quelques sinoques théories mentionnaient parfois l’existence de telles forces.

S’en suivirent de sempiternels conseils, d’abord secrets, puis publiques, puis à nouveau tabous, si bien qu’à force, le peuple commença alors à suspecter le Ménéstaire de perdre son sang froid face à la venu de l’Emissaire qui avait assurément fait bruit dans tout l’Archipel. Mais la plus jeune des huit Archiménestres, Nalishzuliirn Ménéris, ordonna alors de faire construire un instrument qui assurément détiendrait le destin de toute sa nation et peut être même de Volsung tout entière. Elle prit cette affaire très à coeur et se hâta de mettre scientifiques, enchanteurs et architectes au travail. Toute la cité s’apprêtait à devenir un laboratoire à ciel ouvert. Mais tandis que les dirigeants de Zhinroborhod concentraient tous leurs efforts sur l’énigme de l’Emissaire, un afflux inhabituel de pillards vint s’installer dans les bas-fonds d’Ozogtarx et Gor-Argatt. Si le tumulte coutumier de ces quartiers de non-droit n’inquiétait jusqu’à lors guère les autorités, l’attroupement de hors-la-loi préoccupe désormais les autorités, car les pillards s’amassent comme les charognards autour d’une carcasse. Reste à savoir ce qu’ils convoitent à la capitale. Quoi qu’il en soit, la milice garde fermement ses portes et scrute le moindre visage.

Zhinroborhod se voulait à sa fondation être le phare de la Fraternation. Un exemple de tolérance et d’unité entre ses nations. Elle ne pouvait donc laisser s’envenimer une situation qui potentiellement la conduirait à la guerre civile. Aujourd’hui, elle a besoin de retrouver sa conviction initiale, l’unité de ses nations. Il en va de sa destinée.

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